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LES JEUX JO OLYMPIQUE 2014

La ville russe de Sotchi a été désignée par le Comité International Olympique pour organiser les Jeux Olympiques d'hiver 2014. Elle remporte la compétition contre les Sud-Coréens de Pyeongchang. Salzbourg a été éliminé plus tôt dans la journée.

Le choix de la station balnéaire russe de Sotchi pour accueillir les Jeux d'hiver de 2014 est probablement le plus téméraire que pouvait opérer le Comité international olympique (CIO) en matière politique, financière et stratégique pour son image.

La candidature de la cité des bords de la mer Noire, qui sera la première ville russe à organiser des Jeux d'hiver, était en effet la plus extrême des trois options qui s'offraient aux Olympiens: Sotchi, c'est l'inexpérience absolue en matière de compétitions de sports d'hiver et la perspective de travaux pharaoniques estimés à 12 milliards de dollars pour faire sortir de terre des infrastructures à la hauteur de l'événement. Après Pékin (2008) et Londres (2012), les grands électeurs du CIO ont donc fait une nouvelle fois le choix du gigantisme, mâtiné là d'esprit d'aventure comme dans le cas de la Chine, en dépit des recommandations feutrées de leur président. Jacques Rogge plaide en vain depuis son arrivée au pouvoir, en 2001, pour des Jeux "à taille humaine " et financièrement sobres. Une voie qu'il n'est jamais parvenu à imposer au risque de brouiller l'image de son institution. Les Russes, auteurs d'une campagne de communication très percutante, voire agressive, ont parfois franchi la ligne jaune tracée par la Commission d'éthique du CIO mais séduit au final une majorité d'électeurs, bien que la plus infime avec 51 membres pro-russes, sur 100 habilités à voter au second tour.

Des milliers d'habitants de Sotchi ont explosé de joie dans cette station des bords de la mer Noire en découvrant sur des écrans géants que leur ville avait décroché les JO d'hiver de 2014. "J'avais oublié ce que c'est que d'être heureux. Je pourrais pleurer ! ", se félicitait parmi d'autres Zaguir Sadigov après huit heures de concert et de suspense sur la place où une fête géante avait été organisée dès la fin de l'après-midi. Il était pourtant bien tard, près de 03H30 du matin, lorsque l'annonce de la victoire est tombée. Aussitôt, la foule réunie sur la Place du Théâtre, un énorme bâtiment datant de l'époque stalinenne, a entonné le chant "Russie, Russie" tandis qu'un concert de feux d'artifice se détachait dans le ciel.

"Je savais que nous allions gagner, nous étions les meilleurs ", a déclaré Daria Popova, 20 ans. Après un jour décrété férié jeudi par avance dans la perspective d'une possible victoire, Sotchi, qui manque encore de bien des infrastructures, va s'embarquer dans sept ans de construction intensive pour se parer des atours d'un site olympique. Dans cette cité balnéaire du Caucase à la mode depuis la fin du 19e siècle, un petit bout de côte sera aménagé en complexe olympique, qui sera relié par train au domaine skiable à quelques 40 km de là. "Cela veut dire qu'on va avoir du travail ! ", se félicitait Evgueni Ivanov, un chômeur de 42 ans. Vladimir Poutine, résident régulier de Sotchi où le Kremlin possède une résidence d'été surplombant la mer, aura été au coeur de la candidature, dont il n'a cessé de faire la promotion. "Nous n'aurions pas réussi sans lui", assurait tout heureux Andreï Kravtchenko, 20 ans.

Les Jeux érigés en priorité nationale

Car les JO sont devenus une marque déposée, une entreprise commerciale à but lucratif, donc destinée à défricher de nouveaux marchés. Et Sotchi, au sud d'un pays de 142 millions d'habitants est à ce titre un Eldorado à côté de Pyeongchang et Salzbourg. La Corée du Sud, déjà organisatrice d'événements sportifs hivernaux depuis plus de dix ans, et surtout l'Autriche, pays de ski par excellence, ne pouvaient rivaliser en terme d'investissements prévisibles. Equiper une montagne totalement vierge est un pari économique ambitieux. Le faire dans cette région des bords de la mer Noire ajoute à la difficulté. Car Sotchi, Riviera russe où le président Vladimir Poutine possède une datcha, est aussi la porte d'entrée d'un Caucase qui vit depuis 1991 au rythme de la guerre en Tchétchénie.

Le CIO semble avoir fait confiance au chef de l'Etat russe qui lui a garanti la sécurité à défaut de paix. Une promesse d'autant plus liante que l'obtention des Jeux est le trophée personnel du président Poutine qui a mis tout son poids politique au service de la candidature, à l'image de ce qu'avait fait Tony Blair pour Londres-2012, il y a deux ans à Singapour. Quitte à renoncer à certaines de ses habitudes les plus inamovibles: mercredi matin, il a ainsi offert aux membres du CIO la primeur de son premier discours en anglais avant de reprendre l'avion pour Moscou. En accordant les Jeux à un pouvoir qui en avait fait une "priorité nationale", le CIO offre un cadeau lourd de sens à Vladimir Poutine, engagé actuellement dans un bras de fer stratégique avec l'Occident, et son homologue américain George Bush en particulier. Un choix politique tout aussi intrépide que le risque économique.

Les JO 2014 à Sotchi

Les JO 2014 à Sotchi





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