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LE COMITE OLYMPIQUE VA CHOISIR POUR LES JEUX HIVERS 2014

Le Comité international olympique va choisir entre l'aventure proposée par Sotchi, cité balnéaire où tout est à construire, l'expertise technique de Pyeongchang et la tradition des sports d'hiver avancée par Salzbourg, pour accorder les JO d'hiver 2014, mercredi à Guatemala.L'Autrichien Felix Gottwald, trois fois médaillé d'or olympique, à Guatemala le 2 juillet 2007 pour soutenir la candidature de Salzbourg pour les JO d'hiver de 2014

Comme souvent, le dilemme qui se présente aux 97 membres du CIO (le nombre de votants au premier tour) est éminemment politique. Le président Jacques Rogge, qui s'abstiendra selon la coutume instaurée par son prédécesseur Juan Antonio Samaranch, l'a laissé entendre le 21 juin dernier, lors d'une conférence de presse.

"Les trois candidates sont de très grande qualité. Ce qui fera la différence, ce sont les gens (...), la confiance que les membres du CIO ont dans le comité de candidature", avait estimé Rogge.

La confiance, c'est le mot-clé de la candidature de Salzbourg l'Autrichienne. Son argumentaire n'est pas glamour mais rassurant: "Avec nous, le CIO ne prend pas de risque", déclarait le Chancelier Alfred Gusenbauer, dimanche. Salzbourg, c'est en effet l'assurance d'une tradition plus que centenaire en matière d'événements sportifs hivernaux, au moins dans toutes les disciplines de ski, quand les autres candidates offrent l'exotisme.

Mais Salzbourg est également la plus mal notée par le rapport de la Commission d'évaluation rendu il y a un mois. Les plans de transport, d'hébergement et surtout de sécurité ont été sévèrement jugés et la communication globale de la candidature laisse les Olympiens sur leur faim.

Par ailleurs, l'Autriche, et particulièrement la province de Salzbourg, est suréquipée en infrastructures hivernales, quand Pyeongchang et surtout Sotchi font figure de terres vierges à équiper, avec tous les investissements, gigantesques et lucratifs que cela implique.

En dépit des voeux (pieux?) de Jacques Rogge - "Il faut réduire le budget et le gigantisme des Jeux" (2001), "l'argent n'a pas de rôle à jouer dans une élection" (2007) -, les membres du CIO sont, depuis plusieurs votes, attirés par les candidatures monumentales qui proposent soit un terrain de jeu à défricher et des consommateurs à séduire (Pékin-2008), soit un budget pharaonique (Londres-2012).

Sotchi est à ce titre un exemple flagrant de la nouvelle dimension prise par les Jeux d'hiver. La ville balnéaire, capitale de la Riviera de la mer Noire, n'offre aujourd'hui aucune infrastructure en matière de sport ou de transport et promet 150.000 emplois en cas d'obtention des Jeux.

Tout reste à construire dans les montagnes du Caucase, pour un budget estimé à 12 milliards de dollars. Mais le pari semble séduire les membres du CIO, sensibles, selon les sondages officieux, au lobbying intensif de ces dernières semaines: Une campagne de communication agressive chapeautée par le président Vladimir Poutine qui entend être, pour Sotchi, le joker décisif que le Premier ministre britannique Tony Blair fut pour Londres-2012.

Mieux notée que Sotchi, Pyeongchang, finaliste malheureuse en 2003 contre Vancouver pour l'accueil des Jeux 2010, a laissé les Russes occuper le terrain médiatique. Il y a quatre ans, leur "rentre-dedans" avait été contre-productif et, instruits par leur échec, c'est dans l'ombre que les Sud-Coréens ont ficelé un nouveau projet irréprochable, basé sur ce qui se fait de mieux en matière de technologies de pointe grâce aux fleurons de l'industrie nationale.

Privée de tête d'affiche comparable à Poutine, ou au champion olympique Evgueni Plushenko, ambassadeur de Sotchi, Pyeongchang joue également sur le registre politico-diplomatique arguant que les JO-2014 "ouvriraient la voie à la réunification de la péninsule coréenne", selon Kim Jin-sun, gouverneur de la province de Gangwon où se trouve Pyeongchang, l'unique région séparée par le Rideau de fer coréen.

Politique, diplomatie, économie, marchés... Les motivations des grands électeurs du CIO, dans ce qui s'annonce comme l'un des votes les plus indécis de ces dernières années, vont bien au-delà des simples enjeux sportifs. Les athlètes, consultés eux de manière informelle durant les Jeux d'hiver 2006 à Turin, avaient massivement opté pour la sécurité autrichienne. Mais qui s'en souvient à Guatemala?





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