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GROSSO SIGNE A LYON 4 ANS DE CONTRAT

 

Grosso, le gros coup ?

Grosso, le gros coup ?

Après avoir satisfait à la traditionnelle visite médicale, samedi matin, Fabio Grosso va s'engager pour quatre ans avec Lyon. Médiatiquement, l'OL réussit un joli coup. Mais le champion du monde italien, qui ne s'est jamais vraiment imposé à l'Inter après le Mondial, a encore beaucoup à prouver ...

Remplacer un vice-champion du monde par un champion du monde, l'opération a de l'allure sur le papier. En recrutant Fabio Grosso pour remplacer Eric Abidal, parti à Barcelone, Jean-Michel Aulas ne manquera sans doute pas de le souligner. Pour l'OL, l'arrivée de l'Italien pour quatre ans est aussi l'occasion de réaliser un joli coup médiatique, sans doute davantage que Sylvain Armand, qui a finalement prolongé au PSG. Ce transfert donne en outre du relief à un recrutement généralement considéré comme un peu décevant jusqu'à présent avec les seules arrivées de Nadir Belhadj (Sedan), Mathieu Bodmer et Kader Keita (Lille). Financièrement, le président lyonnais sort gagnant sur toute la ligne en recrutant l'Intériste pour 7 millions d'euros après avoir vendu Abidal 15 millions au Barça.

Mais, sportivement, l'OL est-il vraiment gagnant au change ? Premier constat : Grosso, attendu lundi dans le Rhone, n'a pas le même profil que l'ancien Lillois, un vrai défenseur. Titulaire au poste de latéral gauche tout au long de la dernière Coupe du monde, cet ancien milieu de terrain reconverti défenseur depuis 2001, a beaucoup apporté offensivement. Ses aptitudes défensives sont en revanche jugées parfois moins rigoureuses malgré un bon physique (1,90 m, 79 kg). "Ce fut difficile à vrai dire. Lors de mes premières sorties en tant qu'arrière gauche, j'ai connu quelques déconvenues. Ce fut un processus mental complexe sur plusieurs saisons car j'ai dû changer tous mes repères et tous mes réflexes" , avoue-t-il lui-même au sujet de sa reconversion.

Un faux défenseur ?

Second constat : à 29 ans, Fabio Grosso n'a pas encore démontré grand chose hormis lors du Mondial 2006 dont il fut l'une des véritables révélations. Le Transalpin, inconnu hors de la péninsule avant la Coupe du monde, s'était illustré notamment en transformant la dernière tentative de la série de tirs au but de la finale du Mondial contre la France, pour la Squadra Azzura, dont il a été un des héros au même titre que Marco Materazzi et Fabio Cannavaro. En 8e de finale contre l'Australie, c'est déjà lui qui a obtenu le penalty transformé par Francesco Totti qui a permis aux Italiens de s'imposer à la dernière seconde des arrêts de jeu (90+5, 1-0). En demi-finale, c'est encore l'Intériste qui a marqué le 1er but contre l'Allemagne (et sa jubilation, lorsqu'il secoue sa tête de droite et de gauche est une des images les plus fortes de la Coupe du monde).

En 2006, l'Inter Milan flaire le bon coup en le recrutant juste avant la Coupe du monde pour 5 millions d'euros, plus un joueur. Problème, bon joueur, Grosso ne s'est jamais imposé chez les Nerazzurri où il a vécu une saison globalement décevante. En tout cas, loin de son nouveau statut. Blessé au cours de l'hiver, il a perdu sa place de titulaire au profit du Brésilien Maxwell. En tout, il aura pris part à 23 matches de championnat (2 buts), 5 de Coupe d'Italie (1 but) et 6 de Ligue des Champions. Les plus sceptiques se demandent si Grosso, époustouflant en Allemagne, n'est pas victime d'une sorte de syndrome "Salvatore Toto Schillaci", l'attaquant italien, phénoménal au Mondial 90 (6 buts), qui n'a ensuite jamais confirmé.

Le Mondial et puis...

Certes, il n'est jamais facile d'enchaîner après une Coupe du monde. Mais tandis que la plupart des champions du monde italiens sont ensuite revenus dans le coup, à l'image des joueurs du Milan AC, Fabio Grosso n'a jamais retrouvé son niveau du Mondial dans une équipe où la concurrence était de surcroît extrêmement forte. Mais il n'avait pas non plus démontré un talent exceptionnel avant son épopée de l'an dernier en Allemagne. Passé professionnel à seulement 23 ans, le nouveau Lyonnais a éclos sur le tard et fait ses armes pendant trois saisons à Chieti en Serie C2. Il découvre la Serie A en 2001 avec Pérouse avant de se faire remarquer à Palerme sous les ordres de Francesco Guidolin. Si la concurrence de Belhadj sera moins féroce qu'à l'Inter, Grosso est-il capable de se relancer et de s'imposer dans une grosse écurie ? A coup sûr, Lyon joue à quitte ou double.

 





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