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Domenech : "Rageant"
Raymond Domenech est persuadé que c'est la malchance qui a fait perdre la France contre l'Ecosse, plus qu'une mauvaise organisation. Mais le sélectionneur des Bleus est conscient que tout n'est pas perdu et espère que la réussite reviendra pour les trois derniers matches de qualification à l'Euro.
RAYMOND DOMENECH, que pensez-vous de cette défaite face à l'Ecosse qui met la France en position délicate dans la course à la qualification à l'Euro 2008 ?
R.D. : Je commence à être fatigué de répéter depuis longtemps que cette qualification est loin d'être acquise, Ecosse ou pas. Il faudra se battre jusqu'au bout. On le savait. En plus, on a très peu de réussite dans ce match où l'on a pourtant tout tenté et tout fait pour y arriver. On a eu des occasions de but... c'est rageant, mais c'est comme ça. Une qualification ne se gagne pas tranquillement les doigts dans le nez.
Qu'est-ce qui a manqué à l'équipe de France pour l'emporter ?
R.D. : Pas grand chose. Un petit brin de réussite sur les frappes, sur les déviations, plus de présence au premier poteau sur les centres, plus d'occasions malgré le fait qu'on ait tiré beaucoup de fois au but. On a vu du mouvement, du jeu à une touche de balle. Il y a eu tout ce qu'il a fallu pour faire un match au niveau offensif qui peut se terminer 3-1 ou 4-1... Ça reste à 0-1, c'est dommage.
On a l'impression que c'est le même scénario de Glasgow qui se reproduit...
R.D. : Pas tout à fait. Je pense qu'à Glasgow, ça a été moins net dans le jeu, dans l'emprise sur le match. Les Ecossais avaient été bien meilleurs chez eux qu'au Parc. Ils ont défendu, ils étaient très bien en place, ils ont fait ce qu'il fallait, avec en plus beaucoup de réussite.
Est-ce juste de la malchance qui a fait perdre l'équipe de France ce soir ?
N.D. : Je pense qu'il a manqué un brin de réussite qui fait la différence entre un ballon contré, un ballon tâclé au dernier moment, un ballon qui arrive à 50cm devant ou à 50cm derrière un adversaire. Il nous a manqué ces réussite et sérénité qui auraient fait que ça passe. Dans ce genre de match, il faut marquer le premier pour obliger l'adversaire à bouger et à sortir un peu de ses bases. Là, ils sont restés sur leur schéma de jeu pendant 1h30. Et au final, c'est une défaite qui coûte cher.
Est-ce que vous êtes inquiet ce soir par rapport au classement ?
N.D. : Je ne suis pas inquiet. On est pas au mieux, on le sait depuis le début. Une équipe qui perd peut être en difficulté, c'est désormais notre cas. Il faudra absolument aller gagner nos trois derniers matches, sachant qu'on va aux Iles Féroé, qu'on reçoit la Lituanie et que l'on va en Ukraine. Ce n'est pas facile, mais ça se joue. C'est ce qu'il nous reste. Donc à nous de jouer et de nous qualifier.
N'avez-vous pas le sentiment que l'équipe de France n'a pas assez osé les frappes de loin. Il y a longtemps que l'on n'a pas vu de gros frappeurs chez les Bleus.
N.D. : Je crois au contraire qu'on a osé frapper de loin, malgré un double rideau écossais et dix joueurs en défense. Les frappes ont souvent été contrées au départ... Mais on a frappé de loin. Je pense même que c'est le premier match depuis que je suis à la tête de l'équipe de France où l'on a frappé le plus de fois au but. On a eu des possibilités, mais il y a eu un rideau devant important.
Pensez-vous que vos joueurs avaient entendu votre message d'alerte qui insistait sur le fait que l'Ecosse est l'équipe dangereuse de ce groupe?
N.D. : Complètement. Mais ils ont pris le match comme il fallait. On a créé quelque chose, on les a mis en difficulté. On a mis du rythme, sans se mettre trop en danger même en poussant le jeu vers l'avant. Je crois que nous avons été bien équilibrés. Non, ils ont bien pris le message, mais il y a des jours où la différence se fait sur un brin de réussite que l'on n'a pas eu.
L'équipe de France n'a pas la poisse dans ce Parc des Princes?
N.D. : C'est plutôt l'adversaire qui nous porte la poisse. Ils nous ont pris six points en deux matches. Le terrain, on s'en fout parce que là-bas aussi on a perdu.

