- CANDIDATURE RUSSE POUR LES JO 2014
Vladimir Poutine sera le dernier politique à atterrir à Guatemala mais, même sans le Président russe, la candidature de Sotchi à l'accueil des Jeux d'hiver 2014 a pris, à trois jours du vote, une tournure qui irrite les garants de l'éthique du Comité international olympique (CIO).
Une petite centaine de mètres seulement séparent l'hôtel des membres du CIO de celui où se jouera l'élection de la ville-hôte, mercredi. Un no man's land vite réquisitionné par les Russes qui y ont fait pousser en quelques heures une mini-patinoire où le champion olympique Evgueni Plushenko doit se transformer en lobbyiste bondissant de Sotchi.
Autour, les palmiers sont recouverts d'immenses représentations des montagnes caucasiennes, parcourues de remontées mécaniques qui n'existent que dans le dossier de candidature et valent à la Russie de présenter le budget le plus dispendieux des trois villes candidates.
Immédiatement, la commission d'éthique du CIO a réagi, interdisant aux quelque 110 membres qui prendront part au vote de fréquenter le "Sotchiland" érigé sans l'accord du CIO. Qu'importe, les défenseurs de la ville russe sont partout, invitations et petits cadeaux en poche, pour les ultimes opérations de promotion.
Il y a quatre ans, c'est Pyeongchang qui avait subi l'effet boomerang d'un lobbying intensif, cédant à Vancouver le droit d'organiser les JO 2010. Aujourd'hui, les Sud-Coréens ont retenu la leçon, omniprésents, efficaces mais discrets, gérant sereinement la légère avance accordée sur Sotchi par le rapport de la commission d'évaluation.
L'arrivée, dimanche après-midi, par un vol privé de Korean Airlines, d'une délégation d'une centaine de personne emmenée par le président Roh Moo-hyun est presque passée inaperçue dans l'attente de Vladimir Poutine, attendu lui lundi après une escale à Washington chez son homologue américain George Bush.
Premier défenseur de la candidature de Sotchi, partisan de la communication bulldozer -"nous avons toutes les chances de recevoir les Jeux"-, Poutine a été précédé par deux avions de passagers et deux Antonov-124 cargos, chargés du matériel humain et logistique destiné à faire gagner la ville mercredi.
Incapable d'obtenir la réquisition pour lui et ses troupes du meilleur hôtel du Guatemala, le président russe a tout simplement acheté une villa pour ses trois nuits dans le pays.
Pendant ce temps, le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer pouvait se baigner incognito et sans stress dimanche matin, dans la piscine de l'hôtel où il réside depuis la veille. Salzbourg, si elle feint toujours d'y croire, semble avoir perdu toute chance. Et la presse dominicale présentait d'abord la visite du chancelier Gusenbauer comme une opportunité commerciale tant l'Autriche est une consommatrice assidue de café guatémaltèque...


