- LFP A REFUSER DU STATUT PRO
Football: l'affaire se complique pour Angers
La Ligue de football professionnel a créé la surprise vendredi en ne suivant pas l'avis du Comité National olympique et sportif français et en maintenant sa décision de refuser le statut pro à Angers qui voit son accession à la L2 se compliquer diablement à une semaine de la reprise.
La Ligue de football professionnel a créé la surprise vendredi en ne suivant pas l'avis du Comité National olympique et sportif français et en maintenant sa décision de refuser le statut pro à Angers qui voit son accession à la L2 se compliquer diablement à une semaine de la reprise.
Convaincu d'être dans son droit, Angers a aussitôt annoncé sa volonté d'aller devant le tribunal administratif qui devra agir vite puisque la L2 doit commencer dès vendredi prochain et qu'il y a toujours une incertitude sur un des inscrits: Angers, le promu donc, ou Créteil, dernier relégué qui profiterait de la non accession du SCO.
Le Conseil d'administration de la LFP, réuni ce vendredi "a décidé, à la majorité, de refuser la proposition de conciliation du CNOSF (...) Relégué en National en 2004-2005, le SCO ANGERS avait d’abord choisi de conserver et obtenu pour un an le statut professionnel avant de renoncer l'an dernier au professionnalisme".
"Cela lui a permis de se délier de ses engagements contractuels avec ses joueurs et d’alléger ainsi ses charges par rapport aux clubs sous statut professionnel", estime la LFP.
"En agissant de cette manière, Angers a méconnu, sinon la lettre, du moins l’esprit des règlements de la LFP qui prévoit qu'un club relégué doit attendre au moins deux ans avant de prétendre obtenir à nouveau le statut professionnel. Cette règle a pour but de préserver l’équité des championnats", conclut l'instance française.
En somme, La LFP reproche à Angers d'avoir renoncé à ce statut pour pouvoir se débarrasser des joueurs pro et ensuite d'avoir redemandé le statut pour en engager d'autres aujourd'hui.
C'est précisément là que le bât blesse: la LFP souligne qu'elle sanctionne plus "l'esprit" dans lequel le SCO a utilisé le règlement alors qu'Angers veut s'appuyer sur la "lettre".
Une "lettre" qui semble lui donner raison. C'était en tout cas l'avis d'un cabinet extérieur consulté par la LFP en février dernier et surtout c'était l'avis du conciliateur du CNOSF, lui-même magistrat au tribunal administratif
Willy Bernard est ainsi sûr de son fait: "Nous avons la loi avec nous". Et le jeune entrepreneur aux dents longues qui a repris le club la saison dernière n'hésite pas à affronter la LFP de front: "Ca fait république bananière. Il y des textes et des lois, et la Ligue ne les applique pas."
Selon des spécialistes de ce genre de dossiers, le tribunal administratif devrait probablement donner raison au SCO.
Willy Bernard dénonce un acharnement contre son club. Fin juin, le club avait été rétrogradé administrativement par la Direction nationale du contrôle de gestion avant que la commission d'appel de la DNCG ne valide finalement les comptes du club et permette l'accession.
Une montée à nouveau refusée au début de la semaine par le Conseil d'adminstration de la LFP, puis une troisième fois vendredi.
"Nous sommes sous le choc, enrage Willy Bernard. C'est scandaleux. Incroyable! Il y a un acharnement contre nous. C'est incompréhensible".
Le président-fondateur d'AB Fenêtres n'hésite d'ailleurs pas à prévenir: "La première journée de L2 (le 27 juillet) risque d'être perturbée ou reportée mais ce ne sera pas de mon fait. C'est une affaire qui va prendre de l'ampleur."

